Auteur/autrice : Claude Muslin

  • « Promenade des anglais » d’Olympia Alberti

    « Promenade des anglais » d’Olympia Alberti

    Quel lien se tisse entre une « dame au regard bleu, vulnérable et doux » ; une mamie et ses filles attablées à La Rotonde dégustant des muffins ; une « dame qui écrit » ; une chroniqueuse imaginant la vie d’un couple « en apparence banal, sans histoires et sans relief » croisé sur la Prom’ ; Simone, la cousine d’Adrienne de Guerville, jadis si belle ; une tatie rêveuse que des initiales sur une malle délaissée transporte dans une autre vie … Elles sont douze femmes et le lien qui les unie, un brin nostalgique, ravive joie et peines d’autrefois au moment où le temps présent éteint « le désir d’aimer ».

    Il y a comme un clin d’oeil à La Ronde d’Arthur Schnitzler, où dans un même lieu – La Rotonde – passe une clientèle d’habituées dans un décor où il n’y a que « saveurs en suspens et parfums en caresses ». Des femmes s’y installent, se régalent, jettent un œil débonnaire sur les tables voisines au cas où. Des destins se croisent et des vies se racontent. Les douze récits nous entraînent dans une ronde couleur d’enfance que l’arrivée à l’âge adulte interrompt.

    L’auteure manie l’art de la nouvelle avec éclat, élégance, raffinement. En quelques mots, elle dessine des portraits qui donnent à voir, à ressentir. « Tant de beauté, retenue dans un visage où les rides témoignent d’impressions confuses, d’émotions arrêtées dans leur assimilation, surprend. » Pas de descriptions superflues, pas d’intrigues secondaires ; Comme en arrêt sur image, l’auteure reste au plus près de ses personnages, les sonde et nous les rend proches, familiers. Souvent un dialogue avec un ami, un proche, permet d’aborder des thèmes universels liés à la vieillesse : retrouver une présence, savoir encore dire l’amour, apprécier « le silence apaisé des soirs », « être lassée de la répétition des choses », savourer les petits plaisirs … et puis il y a la mer, la baie des anges, le Negresco et la promenade des anglais, où longtemps, très longtemps, « l’ombre du sang versé » (un soir de 14 juillet 2016) était là, respirable, et les âmes suspendues dans l’air, invisibles mais présentes ».

    Remarquablement écrites, ces Nouvelles ont la douceur des muffins, des cakes à la frangipane, du chocolat, onctueux. Elles font vibrer nos sens. Le goût ; aux douceurs chocolatées s’ajoute la saveur nostalgique du passé qui se mêle à la saveur simple, de vivre. Le toucher ; la peau si fine et si fragile, les mains noueuses, les sourires, les regards. La vue bien sûr ; la mer, omniprésente. L’ouïe ; le cliquetis de couverts d’argent. L’odorat, avec l’odeur de renfermé des lieux jadis habités.

    Olympia Alberti, est romancière, poétesse, essayiste, critique et chroniqueuse littéraire. En juin 2026, la réédition par Gallimard de son recueil de nouvelles Promenade des Anglais, initialement paru en 2001 à Nice par les éditions Melis, se voit décerner le Grand Prix de la Nouvelle de l’Académie française.

    Claude Muslin

    Promenade des anglais
    Olympia Alberti
    Ed. Gallimard
    Mai 2026

  • « Plage arrière » de Mildred Simantov

    « Plage arrière » de Mildred Simantov

    Plage arrière est une ode à la vie, un pied de nez à la mort et une belle histoire d’amour.

    « Je suis né pendant que ma mère dormait. » La phrase revient comme un leitmotiv dans le récit. Blague potache de son père ou volonté de blesser, Yvon se pose encore la question. Ce qui est sûr, c’est que le milieu dans lequel il a grandi, entre un père qui a quitté sa famille, une mère carriériste et une sœur absente, le complexe un peu par rapport à Alice, son amoureuse morte il y a un an, fille unique, choyée, gâtée par la vie puis gâtée par le Crabe qui en pince pour elle et ne la lâche plus.

    L’action se situe entre Paris et une île grecque, pas nommée, où séjournèrent Yvon et Alice ; une île battue par les vents, victime de son succès l’été avec l’arrivée des touristes, assez petite pour limiter les voitures, puis lieu de résidence d’artiste pour Yvon après le départ d’Alice.

    Il est beaucoup question de touristes « le touriste se recharge dans son « room to rent ». La plage s’annonce. Elle est muette, sidérée par tant de ballons et de transats, de paddles et de plastiques, de sièges et de plateau pliants » ; il est question aussi de vent, le meltem qui « ventile l’air en vitesse maximum », d‘automobiles, parce qu’ils sont des marqueurs d’époques, qu’ils offrent à Yvon de la matière à souvenirs d’enfance, de famille, de petits détails qui s’ancrent dans la mémoire. De souvenirs heureux qui donnent la force de vivre.

    Yvon et ses questions ; Alice et ses réflexions. Sur l’ombre et la lumière. Les lignes et les points. L’ombre et le soleil. Sur le temps qui passe. Sur la mort, la vie, la vie d’Yvon après la mort d’Alice. Tout en riant, en se chamaillant, en s‘aimant.

    Le ton du récit est alerte, vif, enjoué, poétique ; l’écriture ciselée ; les chapitres brefs, titrés ; des phrases soulignés « Je dormais pendant qu’Alice mourait » « Se laisser atteindre par les choses insignifiantes » « Cette fois on a été malades toute l’année » et des dialogues serrés rythment la narration.

    Quant au titre « La plage arrière » d’une voiture ou d’une plage, il rappelle le transit, l’espace entre deux lignes, entre deux moments, entre la journée et la soirée, « entre maillot et petite laine » entre la vie et la mort.

    « Mildred Simantov est artiste. Elle vit et travaille entre Paris et village en mer Egée (entre deux). Plage arrière est son premier roman ».

    Claude Muslin

    Plage arrière
    Mildred Simantov
    Ed. Les corps conducteurs
    Mars 2026

  • “Le ciel l’a mauvaise” de Éléa Marini 

    “Le ciel l’a mauvaise” de Éléa Marini 

    Ils sont trois protagonistes. Trois personnages cabossés par la vie qui, à cause d’un ciel « qui l’a mauvaise », sont condamnés à survivre ensemble. Et à tout recommencer.

    L’action se déroule dans une petite ville qui pourrait être américaine, elle n’est pas nommée. Y vivent chichement Alma, l’exilée, Bo, le gamin intrépide et malheureux parce que sa mère erre dans la ville dévorée par les vents mauvais, Isaac, le bourru, seul au fond des bois dans la cabane qu’il s’est construite ; tous trois vont essayer de se reconstruire après la catastrophe atmosphérique où ils ont tout perdu. Que peuvent-ils faire d’autre ?

    Alma, Bo et Isaac vont trouver refuge dans une ville voisine, un petit appartement à partager, un huis-clos misérable où cohabiter. Mais quels secrets gardent-ils soigneusement au fond d’eux ?

    Eléa Marini dresse trois portraits saisissants par la justesse de ses dialogues, abondants, complémentaires et pas redondants de la description fouillée d’une terre désolée. Bo, cherche sa mère désespérément, une mère-enfant, qui fut un temps championne de gymnastique, rare destin accordé à une orpheline que la naissance de son fils, Bo, à l’adolescence, et la maladie viendront briser.  Alma, fuyarde décidée à vivre seule, enfin seule. Isaac qui rumine un passé douloureux que quelques rares indices éclairent petit à petit.

    Charmaine, Baptiste, Rose, Muge, Willie la fillette est ses animaux, le chien noir, le lapin et les écrevisses … gravitent autour des trois êtres en reconstruction. Et puis il y a le ciel, par qui l’apocalypse arrive, « qui a la couleur des mauvais jours » « commence à faire des histoires » « ressemble à un vivant furieux » « s’affole » … omniprésent, il crache sa colère et anéantit toute la ville, faisant fuir ses habitants et ne laissant derrière eux que des ruines.

    Des phrases courtes percutent et donnent le ton de ce premier roman très réussi. L’auteure, scripte sur des séries et des films, habituée sans doute aux dialogues, a su les glisser avec talent dans un récit empli de résilience et de sensibilité.

    A découvrir.

    Claude Muslin

    Le ciel l’a mauvaise
    Éléa Marini
    Éditions de l’Olivier
    2026

  • « Onesto » de Francesco Vidotto

    « Onesto » de Francesco Vidotto

    « Mes montagnes c’est toi »

    L’homme qui s’adresse aux montagnes s’appelle Onesto.

    « Grimper ce n’est pas s’accrocher, c’est lâcher prise. »

    Un peu comme écrire, un peu comme l’a fait Onesto dans ses lettres. Qui se livre et se délivre du poids de la culpabilité. Voici un récit épistolaire enchâssé dans un roman d’une poésie à couper le souffle, par la simplicité de style et par la force qui s’en dégage.

    Nous sommes dans les Dolomites, au milieu des sommets, un pays rude et splendide. De la rencontre entre le narrateur/auteur et un vieil homme une nuit de tempête dans les bois, va naître une fertile complicité.

    « Guidon Contin, dit Cognac » ouvre son coeur à l’étranger qui l’a secouru en lui confiant une boite en bouleau qui abritent son trésor, des lettres anciennes. Chacune d’elles est adressée à une montagne de la région, et révèle secrets et anecdotes. « Guidon Contin, dit Cognac » demande à l’étranger de les lui lire. Au fil de la lecture, le narrateur/auteur plonge dans le passé trouble de l’après-guerre, fait la connaissance des jumeaux Onesto et Santo, de Céleste leur unique et bel amour commun, des drames et des épisodes de leur vie.

    Chaque lettre est adressée à une montagne « Doux Rite, L’automne et l’hiver étaient des saisons pauvres en nourriture et en lumière. Tu le sais bien, car à tes pieds on menait la vie simple des montagnards. » car « les montagnes sont les meilleures gardiennes des secrets du coeur. »

    La construction du roman avec une mise en abyme astucieuse, des dialogues abondants, courts et percutants, des chapitres brefs, du suspense, des bulles poétiques à chaque page : « Nous la trouvâmes en train d’étendre les draps, car s’ils sèchent au soleil, quand on se couche on a l’impression de dormir dans le ciel. » des révélations, des personnages attachants.

    Ce roman est une ode à la vie, à la nature, à la beauté, à l’amour, à l’homme « Qu’allez-vous faire tous les jours là-haut ? (…) Ecouter – Ecouter les histoires des gens ? – Non je vais écouter les gens. Ce sont eux les histoires. »

    A lire absolument.

    Francesco Vidotto a grandi au milieu des sommets des Dolomites. Onesto est son premier roman publié en France, traduit par Johan-Frédérik Hel Guedj, auteur et traducteur.

    Claude Muslin

    Onesto
    Francesco Vidotto
    Editions Calmann Levy
    Février 2026

  • « Solo Tu » de Philippe Fusaro

    « Solo Tu » de Philippe Fusaro

    Voici un hymne à l’amore déclaré à l’Italie, à la région des Pouilles, à Polignano a Mare, ce village perché, cette « vieille ville s’est construite sur la roche. Les pêcheurs se sont installés dans un quadrilatère de rues qui sentent le sel, les embruns ».

    C’est l’histoire d’une résurrection, d’un sauvetage in extremis, d’une amitié improbable, d’un sentiment de fierté retrouvée.

    Gianni Desmond, dandy aux Repetto blanches impeccables, imbibé de gin, de Campari, fumeur de Vogue, triste pilier du Piper Club à Rome dans les années 80 « Un élément du décor du club aussi essentiel que les cubes de lumière sur lesquels dansent les oiseaux de nuit. » nostalgique de Nico de Taranto, son amour perdu et d’une époque révolue où le Club brillait par la présence d’artistes, Renato Zero ou Patty Bravo, dans ces nuits romaines, mythiques dix ans plus tôt.

    Le hasard mettra sur la route de Gianni, la pulpeuse chanteuse Punk, Carmela, femme au grand cœur, et son fils Giacomo. Quand ils ne sont pas en tournée, ils vivent à Polignano a Mare, dans une vieille maison « J’aime que la maison reste en l’état, qu’elle lutte avec les vents, le sable d’Afrique, le sel qui la brûle ». Séparée du père de Giacomo, Luca, un adulte-chanteur resté ado, qui n’a que faire d’un môme dans ses pattes, Carmela accueille Gianni chez elle, d’abord un temps, puis un temps plus long, parce qu’entre elle, lui et Giacomo le gamin, ça matche, ça colle, ça fait naître des sentiments inconnus. Mi amore – mi amicizia.

    Et petit à petit, au fil des jours, Gianni va laisser tomber son costume « qui vaut plus cher que la rangée d’alcool disposés au-dessus du comptoir », trop aspergé de mauvais parfum ; va ôter ses Repetto et enfiler des tongs, apprendre à plonger avec Giacomo, limiter les Vogue et les Campari, dormir la nuit, déguster le Caffé aux terrasses baignées par le soleil au petit matin, et même se faire un nouvel ami : un libraire amoureux de tous ses livres, qui parle de lui à la 3ème personne, doux, précieux, si aimable avec sa clientèle.

    Et puis le drame. Un coup du sort inattendu, que tous les protagonistes vont savoir accepter. Et dépasser.

    Beaucoup de poésie dans ce roman lumineux, déclaration d’amour à la mer, à l’Italie, aux Pouilles, à Rome, à Fellini, aux flâneurs, aux noceurs, à la cuisine et à langue « à l’odeur des abats mijotés des heures dans la sauce tomate, du pecorino et de la friture des suppli ».

    Et puis, un style. L’alternance de narrateur, tantôt en JE, tantôt en IL ; des phrases courtes, des chapitres express, de la poésie, des chansons ; une écriture comme une vague sans fin avec ses flux, ses reflux, tout confère à donner de la puissance au roman et à souligner la fragilité des personnages empreints d’une profonde humanité.

    A savourer sans modération.

    Philippe Fusaro, d’origine italienne, est libraire à Valence. Il a publié plusieurs romans aux Editions La fosse aux ours, avant de rejoindre le catalogue de Sabine Wespieser.

    Claude Muslin

    Solo Tu
    Philippe Fusaro
    Editions Sabine Wespieser
    Mars 2026

  • “Le dernier roi de marettimo” de Grégoire Domenach

    “Le dernier roi de marettimo” de Grégoire Domenach

    « Don Salvatore m’a appris à jouer aux Échecs, mais il m’ a surtout appris l’âme de ce jeu »

    Voici Pipo, Cesare, et Zino, trois amis d’enfance qui mènent une vie pétillante sur un piton rocheux de l’archipel des îles Egades (Sicile). Pipo va mourir trop tôt, sans faire de sa vie une histoire à raconter ; Cesare, le narrateur pêcheur-sculpteur-joueur d’échecs, affaibli par un pied bot, va laisser à Zino le soin de raconter ses aventures. Et quelle vie que celle de Lorenzino Ferrazio dit Zino, l’aîné d’une famille aisée franco-italienne, promis à une belle carrière dans l’industrie mais rêvant de partir en Amérique, ballottée dans un tourbillon qu’il ne saura pas maîtriser.

    En 1938, avec la guerre qui s’annonce, les projets avortent. Cesare, handicapé, ne craint pas d’être réquisitionné par l’armée ; en revanche, Zino refuse le STO, rejoint le maquis avant d’être arrêté puis déporté à Mauthausen ; survit ; s’en sort, et parvient au sommet d’une gloire éphémère et bien amère. Un engrenage dans lequel il est pris, surpris plutôt, mais qui ne s’arrêtera que cinquante ans plus tard, quand il décidera de rentrer au pays, à Marettimo.

    « Que notre souci essentiel soit d’être à la mesure de l’inconnu qui nous attend ». Voilà la clé du roman. Celle qui ouvre la voie du récit d’aventures à une sorte d’anti-héros, qui avance sans trop réfléchir, et vit au jour le jour. Et de fait, Zino fait feu de tout bois. Sans s’embarrasser de scrupules mais rattrapé par les regrets quand il réalise les conséquences de ses actes.

    Il y a ce fil rouge aussi qui court tout au long du roman. Le jeu d’échecs. Qui lie d’une amitié sincère les adolescents ; qui permet à Zino, dans les moments les plus obscures de sa vie, comme à Mauthausen, de défier un officier SS devant un échiquier la nuit et de subir sa torture le jour ; d’infliger échec et mat à Albert Fignon, le PDG de l’entreprise éponyme. « Je découvrais jour après jour que la vie d’un grand patron ressemble en tout point à celle d’un joueur d’échecs. Tout n’est qu’intuition, affaire de stratégie ou stratégie d’affaires (…) Il suffit de connaître les logiques, sentir les motifs, savoir défendre telles pièces et en sacrifier d’autres ». À ce jeu Zino excelle ; il avance. Il place. Il gagne. L’ascension est vertigineuse. La chute aussi… Là encore le jeu d’échecs permet une belle métaphore : « Dans le jeu d’échecs, les pions sont les seuls à pouvoir se métamorphoser en pièce majeure lorsqu’ils atteignent leur but (…). Ainsi, le plus modeste et le plus insignifiant des êtres pouvait changer le cours de l’histoire, par sa course forcée vers l’avant ».

    Le récit s’articule autour de deux voix. Celle de Zino, et en contrepoint celle de Cesare. L’auteur change de narrateur d’un chapitre à l’autre. Le procédé est habile et donne de l’épaisseur aux protagonistes.

    Grégoire Domenach a reçu le Prix Marcel Aymé pour Entre la source et l’estuaire. Le dernier roi de marettimo est son troisième roman.

    Claude Muslin

    28 février 2026

    Le dernier roi de marettimo
    Grégoire Domenach
    Éditions Christian Bourgois
    2025

  • “Une pension en Italie” de Philippe Besson

    “Une pension en Italie” de Philippe Besson

    Ah les secrets de famille !

    Nous sommes en juillet 1964 :

    L’époque est marquée par des images intemporelles : La 404 – Françoise Hardy – les PTT – Sophia Loren – les films de Dino Risi – Aldo Moro – Anquetil et Poulidor – Gigliola Cinquetti et sa chanson victorieuse de l’Eurovision Non ho l’eta – la Vespa… Complétées par l’évocation de Avec vue sur l’Arno le roman d’Edward Morgan Forster et celui de Robert James Waller Sur la route de Madison ; comme des indices supplémentaires d’un cataclysme à venir. Car l’époque a son importance dans cette histoire. Qui n’aurait pas pu se tenir de nos jours.  

    Le récit emmène ses lecteurs, avec entrain, brio, jovialité et pudeur, en Toscane, dans une pensione à San Donato.

    Paul Virsac est professeur d’italien ; sa femme Gaby travaille aux PTT, leurs filles Suzanne et Colette sont écolières, Des vacances en Italie qui marqueront le début, ou la fin d’une tranche de vie.

    C’est le petit-fils de Paul, le narrateur, qui raconte. En confidence, prenant sous le bras son lecteur pour l’emmener sur les traces de son aïeul et lui murmurer, à l’oreille, un secret. N’oubliez pas… Que je vous dise encore… Que je vous dise enfin…

    Donc, le récit aborde cette question existentielle : Quel sens donner à sa vie ? Et par sens, il entend aussi bien la direction que la signification.

    Alors, que va faire Paul quand il comprend qu’une autre vie est possible ? Une vie sans mensonge, sans compromission, sans artifice ? Mais une vie à contre courant de la bien pensante société de l’époque.

    Il a fallu beaucoup de pudeur et de talent à l’auteur pour creuser, aller au fond de l’âme de Paul, donner toute l’épaisseur possible à son personnage principal mais aussi à Sandro et tous ceux qui gravitent autour de Paul, pour nous conduire, en douceur, vers le dénouement.

    Ainsi, pour alléger le poids d’un des secrets de famille qui tarde, au fil des pages, à être découvert, l’auteur nous offre, en même temps qu’à Paul et sa famille, l’occasion d’admirer quelques beaux paysages et villes de Toscane ; de rencontrer des personnages haut en couleurs pas chiches en langage fleuri.

    Le récit tient en haleine, même si, grâce ou à cause de pas mal d’indices, le lecteur sent bien vers où le narrateur veut le mener.

    Je n’en dirais pas davantage. Bonne lecture.

    Claude Muslin

    14 février 2026

    Une pension en Italie
    Philippe Besson
    Éditions Julliard
    2026