Ah les secrets de famille !
Nous sommes en juillet 1964 :
L’époque est marquée par des images intemporelles : La 404 – Françoise Hardy – les PTT – Sophia Loren – les films de Dino Risi – Aldo Moro – Anquetil et Poulidor – Gigliola Cinquetti et sa chanson victorieuse de l’Eurovision Non ho l’eta – la Vespa… Complétées par l’évocation de Avec vue sur l’Arno le roman d’Edward Morgan Forster et celui de Robert James Waller Sur la route de Madison ; comme des indices supplémentaires d’un cataclysme à venir. Car l’époque a son importance dans cette histoire. Qui n’aurait pas pu se tenir de nos jours.
Le récit emmène ses lecteurs, avec entrain, brio, jovialité et pudeur, en Toscane, dans une pensione à San Donato.
Paul Virsac est professeur d’italien ; sa femme Gaby travaille aux PTT, leurs filles Suzanne et Colette sont écolières, Des vacances en Italie qui marqueront le début, ou la fin d’une tranche de vie.
C’est le petit-fils de Paul, le narrateur, qui raconte. En confidence, prenant sous le bras son lecteur pour l’emmener sur les traces de son aïeul et lui murmurer, à l’oreille, un secret. N’oubliez pas… Que je vous dise encore… Que je vous dise enfin…
Donc, le récit aborde cette question existentielle : Quel sens donner à sa vie ? Et par sens, il entend aussi bien la direction que la signification.
Alors, que va faire Paul quand il comprend qu’une autre vie est possible ? Une vie sans mensonge, sans compromission, sans artifice ? Mais une vie à contre courant de la bien pensante société de l’époque.
Il a fallu beaucoup de pudeur et de talent à l’auteur pour creuser, aller au fond de l’âme de Paul, donner toute l’épaisseur possible à son personnage principal mais aussi à Sandro et tous ceux qui gravitent autour de Paul, pour nous conduire, en douceur, vers le dénouement.
Ainsi, pour alléger le poids d’un des secrets de famille qui tarde, au fil des pages, à être découvert, l’auteur nous offre, en même temps qu’à Paul et sa famille, l’occasion d’admirer quelques beaux paysages et villes de Toscane ; de rencontrer des personnages haut en couleurs pas chiches en langage fleuri.
Le récit tient en haleine, même si, grâce ou à cause de pas mal d’indices, le lecteur sent bien vers où le narrateur veut le mener.
Je n’en dirais pas davantage. Bonne lecture.
Claude Muslin
14 février 2026
Une pension en Italie
Philippe Besson
Éditions Julliard
2026


