Ils sont trois protagonistes. Trois personnages cabossés par la vie qui, à cause d’un ciel « qui l’a mauvaise », sont condamnés à survivre ensemble. Et à tout recommencer.
L’action se déroule dans une petite ville qui pourrait être américaine, elle n’est pas nommée. Y vivent chichement Alma, l’exilée, Bo, le gamin intrépide et malheureux parce que sa mère erre dans la ville dévorée par les vents mauvais, Isaac, le bourru, seul au fond des bois dans la cabane qu’il s’est construite ; tous trois vont essayer de se reconstruire après la catastrophe atmosphérique où ils ont tout perdu. Que peuvent-ils faire d’autre ?
Alma, Bo et Isaac vont trouver refuge dans une ville voisine, un petit appartement à partager, un huis-clos misérable où cohabiter. Mais quels secrets gardent-ils soigneusement au fond d’eux ?
Eléa Marini dresse trois portraits saisissants par la justesse de ses dialogues, abondants, complémentaires et pas redondants de la description fouillée d’une terre désolée. Bo, cherche sa mère désespérément, une mère-enfant, qui fut un temps championne de gymnastique, rare destin accordé à une orpheline que la naissance de son fils, Bo, à l’adolescence, et la maladie viendront briser. Alma, fuyarde décidée à vivre seule, enfin seule. Isaac qui rumine un passé douloureux que quelques rares indices éclairent petit à petit.
Charmaine, Baptiste, Rose, Muge, Willie la fillette est ses animaux, le chien noir, le lapin et les écrevisses … gravitent autour des trois êtres en reconstruction. Et puis il y a le ciel, par qui l’apocalypse arrive, « qui a la couleur des mauvais jours » « commence à faire des histoires » « ressemble à un vivant furieux » « s’affole » … omniprésent, il crache sa colère et anéantit toute la ville, faisant fuir ses habitants et ne laissant derrière eux que des ruines.
Des phrases courtes percutent et donnent le ton de ce premier roman très réussi. L’auteure, scripte sur des séries et des films, habituée sans doute aux dialogues, a su les glisser avec talent dans un récit empli de résilience et de sensibilité.
A découvrir.
Claude Muslin
Le ciel l’a mauvaise
Éléa Marini
Éditions de l’Olivier
2026


