Le téléphone. C’est quoi la relation avec le téléphone, qu’est-elle devenue ?
Le téléphone de l’époque de nos parents puis l’arrivée des mobiles, trop gros, puis de plus en plus petits, sophistiqués et qui se transforment en outils de messages, appareils photos, multifonctions.
On se parle quand on veut, n’importe où, dans la rue, les bruits du monde résonnent dans les portables. Une voix, une oreille, une présence, une absence. La peur aussi, l’appréhension, la joie, les pleurs. Les tragédies s’impriment sur les répondeurs. Une voix, une vie, un adieu, une mort figée dans le portable. On n’était pas là, occupé, distrait et le message : « Bonjour, je voulais te dire adieu, je vais mourir. ». Non, ce n’est pas possible. Et si l’ami, le frère, l’aimé n’existe plus, sa voix peut demeurer et son nom resté imprimé dans nos contacts. « Parlez après le bip sonore« . Que peut-on dire à un mort ?
Alors que représente le téléphone, à qui je parle, saurais-je le dire ? La voix est si proche mais la présence si absente.
Amaury Da Cunha nous raconte, à partir d’une tragédie familiale sa relation au téléphone. Au fil du récit on en vient à s’interroger sur notre propre relation au téléphone qui est devenu notre lien principal et essentiel avec les autres. Que signifie cette communication permanente, cet outil existentiel dont on ne peut plus se séparer ?
Existe-t-on sans téléphone ? Le temps des cavernes est loin !
Philippe Sturbelle
Touche fantôme
Amaury Da Cunha
(éd. L’Iconoclaste)


